La piscine publique Origami ouvre une nouvelle voie de gestion pour les collectivités locales
31 mar 2020

À Rillieux-la-Pape, dans le département du Rhône (69), l'ancien centre aquatique a laissé place à une piscine publique flambant neuve. Pour faire face à cet investissement conséquent, la collectivité locale a opté pour un choix unique en France : le partenariat avec une société concessionnaire sous la forme de SEMOP. David Obozil, Directeur de la piscine Origami, nous explique les tenants et aboutissants de ce système de gestion et comment la piscine communique auprès de son public pour se développer davantage.

Le bassin de natation de la nouvelle piscine Origami

Votre nouvelle piscine publique a été construite juste à côté de l'ancien établissement. Pourquoi avoir fait le choix de ne pas réutiliser l'existant ?

David Obozil : Un audit réalisé sur l'ancien centre aquatique a révélé un problème de ventilation au niveau de la centrale de traitement d'air, mais aussi des fuites. De plus, il ne répondait plus aux nouvelles attentes du public. Le maire de Rillieux-la-Pape a saisi cette opportunité pour lancer un appel à projets. L'objectif était de sélectionner un actionnaire et opérateur économique pour la constitution d’une SEMOP (Société d'économie mixte à opération unique) et d’attribuer à cette dernière une délégation de service public concessive ayant pour objet de concevoir, financer, réaliser, gérer et exploiter le centre aquatique, permettant ainsi une gestion partagée entre plusieurs acteurs.

Besoin d'inspiration pour construire votre piscine publique ? Découvrez également ces deux cas pratiques :

Réhabiliter un ancien bâtiment en une piscine collective - Pays-Bas

Construire une piscine publique écologique - Norvège

Comment fonctionne ce mode de gestion partagée ?

David Obozil : C'est un nouveau type de gestion pour les collectivités locales. Il permet, depuis 2014, de créer une société avec capitaux mixtes en désignant en amont d'un projet un actionnaire opérateur qui exécutera le contrat. Ici, la ville de Rillieux-la-Pape a choisi de nouer un partenariat avec la société Opalia, donnant ainsi naissance à la 1re SEMOP concessive dédiée à un centre aquatique en France.

La concession est le plus haut niveau de délégation de service public qui existe. Cela implique la coordination de la phase projet, la construction, la maintenance et l'exploitation d'un établissement. Les contrats sont plus longs pour amortir l'investissement (ici, 25 ans). À titre comparatif, un contrat d'affermage conclu lorsque la collectivité se charge de la construction dure entre 4 et 6 ans.

Pour financer ce partenariat, la collectivité de Rillieux-la-Pape fournit une dotation tous les ans pour assurer le remboursement de la construction et le fonctionnement de la piscine collective (charges et amortissement), ainsi qu'une compensation de contrainte de service public, tenant compte de la participation des scolaires, des clubs, ainsi que du prix des entrées. Le montant global de ces compensations détermine le point d’équilibre annuel. L’expertise commerciale et d’exploitant d’Opalia est importante afin de générer plus de chiffre d’affaires et de maîtriser parfaitement le montant des charges pour équilibrer, et même dépasser ce point d’équilibre.

Quels sont les avantages de ce type de gestion partagée pour une piscine publique ?

David Obozil : La collectivité locale fait appel à un spécialiste qui l'allège de la partie construction et réception du bâtiment. Il y a un vrai suivi du chantier et la nouvelle piscine publique s'est construite en 20 mois, sans aucun retard. 

La société partenaire met ensuite à contribution son expertise pour maîtriser les charges et l'optimisation des recettes, permettant ainsi de lisser l'investissement tout au long du contrat et donc de diminuer la pression financière sur la collectivité. On constate historiquement une certaine méfiance entre collectivités et entreprises, mais cette formule permet d'aller au-delà. Il s'agit d'une vraie relation de partenaire à partenaire, où les parties partagent les mêmes objectifs et déploient en tandem une réelle stratégie de développement et de gestion. Si la SEMOP gagne, les deux partenaires gagnent !

Au terme des 25 années du contrat, la piscine collective reviendra à Rillieux-la-Pape qui pourra décider de conserver, ou non, ce mode de gestion.

Vous parliez précédemment des nouvelles attentes des clients. Qu'avez-vous mis en place pour y répondre ?

David Obozil : L'ancien centre aquatique avait six couloirs de nage. Là, elle en propose huit pour accueillir plus de nageurs. Nous avons un bassin d'activités plus important de 250 m² équipé d'une sonorisation pour animer plus d'une trentaine de cours d'aquafitness par semaine. Nous avons repris ce qui existait dans les salles de fitness et transposé cela dans l'eau (aquasculpt, aquastretching, aquaboxing…) pour aller chercher un public plus jeune qui désertait la piscine. Le public apprécie grandement les cours d';aquafitness, le confort thermique de l'eau, mais aussi l'éclairage et l'acoustique qui sont bien meilleurs que dans l'ancien centre aquatique !

L'espace bien-être de la piscine Origami

Le nouvel espace bien-être dispose de deux spas, deux saunas, un hammam et une douche massante. Les espaces verts, qui plaisaient beaucoup aux familles, ont été conservés en partie et améliorés avec l'ajout d'un toboggan, un splash pad (aire de jeux d'eau). À l'intérieur, pour les familles et le loisir, un bassin ludique avec une rivière à courant et des banquettes massantes a été créé. 

Découvrez 4 idées d’animations en piscine publique pour diversifier votre offre

Comment avez-vous communiqué autour de cette nouvelle piscine publique lors de sa construction ?

David Obozil : La ville de Rillieux-la-Pape a déployé une communication institutionnelle pour faire connaître le projet, tout en continuant l'exploitation de l'ancienne piscine pour ne pas créer une coupure de service. En fin de construction, nous avons conçu une plaquette transmise à toutes les structures communales pour informer la population qui, très curieuse, envoyait de nombreux emails à la ville pour en savoir plus. Nous avons également développé un site web pour relayer les informations principales.

Quelle communication mettre en place pendant la rénovation d’une piscine collective ?

Pour terminer, pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre plan de communication actuel ?

David Obozil : Nous communiquons sur notre piscine collective autour de trois axes. Une communication commerciale (rentrées scolaires, début d'année et avant l'été) pour générer de nouveaux abonnements, une communication sur les animations tout au long de l'année, et une communication autour d'événéments (épreuves sportives, initiations au secourisme…) pour développer la notoriété du centre aquatique.

Nos opérations commerciales se déploient sur de multiples supports : panneaux publicitaires, panneaux électroniques de la ville, arrêts de bus, publipostage, campagnes SMS, emailings, site web et notre page Facebook où nous faisons de la publicité payante.

Dans nos murs, l'idée est de valoriser nos services. Nous avons installé une borne de vente interactive et un monnayeur automatique pour que la relation entre le public et l'établissement soit basée sur le service et non sur l'encaissement.

Les collectivités locales sont de plus en plus nombreuses à avoir recours à des plans de communication de grande envergure pour attirer leur public, et rentabiliser leur investissement. Déléguer la construction et la gestion de leur piscine publique leur permet de bénéficier de l'expérience éprouvée de sociétés spécialisées : une alternative intéressante à creuser ! Mais avant de vous lancer, n'oubliez pas de vérifier la bonne intégration territoriale de votre projet.


© Crédits photos : Photo Henri

Share :