2020, une année sous le signe de la piscine privée
23 juin 2021

Grosses chaleurs, impossibilité de se rendre dans une piscine collective et investissement record dans le patrimoine immobilier auront donné naissance à un cocktail détonnant pour le secteur de la piscine privée en 2020. Un résultat qui va au-delà des espérances de la filière, en France mais aussi ailleurs. Tour d'horizon d'un bilan fort en émotions.

En France, une année record pour le secteur de la piscine privée

Second marché de la piscine et du spa derrière les États-Unis mais juste avant l'Italie, la France consolide sa position. La Fédération Française de la Piscine et du Spa a annoncé lors d'une conférence de presse en avril 2021 une hausse de 28 % de piscines vendues par rapport à l'année 2019, conséquence du confinement et des restrictions de déplacement successives. Cela confirme ainsi les projections déjà réalisées fin 2020.

Le chiffre d'affaires de la filière française est quant à lui en augmentation de « seulement » 21,5 %, ce qui s'explique par le choix de bassins plus petits et le recours grandissant aux piscines en kit, réduisant ainsi les coûts de main-d'œuvre.

Malgré les restrictions sanitaires, les professionnels de la piscine ont pu honorer les délais de livraison avec une augmentation de 27,7 % des piscines livrées comparé à 2019.

Source : FPP

En Italie, un secteur pris de court par une demande accrue

Si le marché de la piscine collective a souffert des contraintes imposées par les protocoles de sécurité et la baisse drastique de l'affluence touristique, le marché de la piscine privée s'est développé à un rythme jamais vu auparavant.

Perçue comme un élément fondamental pour créer une oasis de bien-être, la piscine privée a généré un vif intérêt auprès des particuliers, avec une demande multipliée par dix en 2020. Une demande qui a cependant été freinée, d'une part par les délais d'autorisations de construction des piscines creusées, d'autre part par les piscines hors-sol qui se sont rapidement retrouvées en rupture de stock.

Pour les professionnels du marché de la piscine italien, nul doute que si le secteur avait pu se préparer en amont, les résultats auraient été bien au-delà des espérances pour l'année 2020 !

Source : Happy Aquatics

En Espagne, un bilan en demi-teinte

L'ASOFAP (fédération des professionnels de la piscine espagnole) a présenté un baromètre sectoriel mettant en lumière les difficultés du secteur de la piscine au pays de Cervantès. À cause de son marché très polarisé entre piscine privée et piscine collective, cette dernière ayant été fortement touchée par la crise sanitaire, le secteur accuse une baisse du chiffre d'affaires de 1,58 % par rapport à 2019 pour atteindre 1,254 milliard d'euros.

Avec 25 000 nouvelles piscines créées en 2020, l'Espagne, 4e marché mondial, est bien loin des performances du trio du podium et fait face à plusieurs défis, dont le manque de réglementation sur les équipements de sécurité et les problématiques liées à la formation. Les professionnels de la piscine privée restent néanmoins confiants comparés à leurs confrères de la piscine collective : 61,6 % d'entre eux pensent que ce marché va croître en 2021 !

Source : L'Activité Piscine

Le boom de la piscine privée : un phénomène international

Que ce soit aux États-Unis, en Allemagne ou encore au Royaume-Uni, la tendance pour 2020 est la même : on assiste à un sursaut des ventes de piscines privées. Les États-Unis, premier marché mondial de la piscine, enregistrent ainsi une croissance de 1,4 % du chiffre d'affaires, passant de 1,07 à 1,09 milliard de dollars (source : Statista).

Sévèrement impactés par les restrictions sanitaires, les particuliers épargnent davantage et investissent dans leur patrimoine. Des achats boostés par une météo favorable, avec un été 2020 qui a été une fois de plus particulièrement chaud.

À lire également : Le marché international de la piscine post-COVID : état des lieux

Les chiffres de la piscine privée en 2020 sont excellents, mais prudence ! La pénurie de matériel, couplée à la difficulté de recruter, repousse les nouveaux chantiers jusqu'à l'horizon 2022. Les carnets de commandes trop pleins seront-ils le prochain challenge à relever pour la filière ?


© Crédit photo : Alena Ozerova / Adobe Stock
 

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